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Les Osques: l’ancien peuple de Massa Lubrense

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écrit par Rosario Sisto, traduit par Francesca Amatruda

Plus d’un ancien peuple a eu Massa Lubrense comme leur demeure au cours des siècles, comme dans le reste de la péninsule italienne. On peut nommer les anciens Romains, les Grecs, les Lombards et bien d’autres. L’histoire de notre territoire est certainement riche.

Toutefois, parmi les nombreux peuples qui ont été ici il y en a un qui les précède. On a témoignage de sa présence grâce à une inscription retrouvée à Punta Campanella: les Osques (ou Opiciens).

L’ancienne population italique des Osques

Les Osques étaient une ancienne population italique – c’est-à-dire, l’un de ces peuples qui demeuraient dans la péninsule italienne déjà avant l’arrivée des Grecs ou des conquêtes romaines. Malheureusement, leurs origines sont encore incertaines, étant donné la relative pénurie de vestiges archéologiques. Plusieurs savants ont formulé des hypothèses à cet égard.

Selon certains historiens, ce peuple résulta de l’assimilation des peuples samnites des Opiques. Ces derniers sont un autre peuple italique situé dans l’ancien territoire de l’Opicia, qui auparavant incluait grande partie de l’actuelle région Campania.

Selon d’autres, le nom “Osques” (Osci, en italien) n’était qu’un deuxième nom avec lequel les Opiques mêmes sont passés à l’histoire.

Ce que l’on sait avec assez de certitude c’est que ce peuple probablement établit un contact avec les Grecs et, naturellement, avec les Romains. Il était aussi réparti en plusieurs tribus (comme c’était fréquemment le cas chez les peuples italiques), . Les Romains finirent par “romaniser” ce peuple en détruisant leurs caractéristiques culturelles et les remplaçant avec des éléments de la culture romaine. C’était la coutume chez eux.

L’osque: une langue spéciale

Osques, ancien peuple de Massa Lubrense
Alphabet osque avec translittération

Peut-être l’élément le plus caractérisant le peuple des Osques était leur langue: l’osque.

Il s’agit d’une langue d’origine indo-européenne faisant partie des langues osco-ombriennes, dont l’extension géographique dans la péninsule fut particulièrement large. En effet, ils occupaient le Sud entier.

On parlait cette langue à partir du VI-V siècle av. J-C. jusqu’à la romanisation des Osques au I siècle av. J-C. Cela eut comme conséquence le remplacement de l’osque avec le latin.

Ce qui rend l’osque une langue vraiment spéciale dans le contexte des langues italiques anciennes, c’est qu’on l’écrivait avec au moins 3 alphabets différents. Elle possédait son propre alphabet, naturellement, composé d’un nombre de lettres qui va de 19 à 23 selon les chercheurs, mais on a trouvé aussi des documents osques écrits en alphabets latin et grec.

La culture et la société des Osques

À en juger par ce qu’on peut discerner des peu vestiges qui nous restent, les Osques étaient un peuple qui basait leur subsistance essentiellement sur agriculture et l’enlèvement du bétail, en particulier les buffles. Il est possible que c’est de là qui dérive la tradition actuelle de la Campanie d’enlever ce type d’animaux.

La famille était l’élément central de leur structure sociale, qui généralement était de type patriarcal. La société osque ne vit aucun esclave pendant des siècles, mais ils les introduirent après le contact avec les Grecs.

En ce qui concerne leur religion, il semble que les Osques, comme de nombreux autres peuples pré-romaines, vénéraient des divinités liées aux éléments naturels tels que le Soleil et la Terre. Aussi le culte de la Mater Matuta était assez répandu.

Ce fut exactement la culture osque qui avait crée un important genre de représentation théâtrale: la comédie Atellane, dont le nom vient de la ville de Atella, en Campanie, l’une des anciennes villes des Osques. Cette comédie consistait principalement dans la représentation, souvent improvisée, de scènes au caractère populaire, de farce, extravagant. On y voyait des personnages typiques qui interagissaient entre eux, comme le serviteur, le maître, le vieux fou, le gourmand, et bien d’autres. Chacun de ces types se caractérisait par un typique masque à l’aspect grotesque. Ce genre fut très populaire dans l’antiquité, également chez les Romains, et représente encore aujourd’hui l’une des témoignages principales (peut-être le témoignage le plus important) de la culture osque dont nous avons connaissance.

Admirer l’histoire de cet ancien peuple de Massa Lubrense

Malheureusement, nous savons encore relativement peu sur les Osques car nous pouvons reposer seulement sur les peu vestiges archéologiques parsemés dans le territoire campanien.

C’est pour cette raison que Massa Lubrense, avec ses vestiges appartenant à cette ancienne population, pourra être une destination intéressante pour ces personnes qui voudraient en savoir plus sur l’histoire des Osques mais aussi sur les autres peuple italiques. En effe, leurs traces sont encore présentes sur notre territoire. Alors on encourage tous les experts d’histoire ancienne, ou simplement ceux qui sont curieux de connaître le passé de nos terres, à venir ici pour admirer de vos propres yeux ce qui reste de nos anciennes origines!


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Les tours sarrasines à Massa Lubrense

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écrit par Eleonora Aiello, traduit par Francesca Amatruda

Le territoire de Massa Lubrense est parsemé de tours de guet côtières, les si-nommées “Tours sarrasines”. Elles témoignent un système de surveillance et de défense visant à protéger la population des incursions des corsaires.

Histoire

Les tours de guet présentes sur le territoire de Massa Lubrense furent édifiées dans des périodes différentes. On a commencé pendant la période de l’invasion Longobarde-Normande (IX siècle), sous les Angevins (1266-1442) qui furent les premiers à concevoir un véritable système de défense, et avec les Aragonais (1442-1503) qui ont continué l’œuvre.

Les pirates sarrasins commencèrent d’attaquer nos côtes au cours du IX siècle. Ils ont pillé et détruit les villages avec une férocité inouïe, ils enlevaient hommes, femmes et enfants pour les vendre en tant qu’esclaves.

En 1500, les incursions des pirates sarrasins, barbares et turcs devinrent plus fréquentes. Les corsaires attaquaient les navires marchands dans la mer Méditerranée, mais débarquaient aussi sur les plages et poussaient vers l’intérieur à la recherche de villages à dévaliser et chrétiens à attraper.

On doit nommer l’attaque subie par Cetara (1534), le massacre de Conca dei Marini (1543), l’invasion turque à Massa Lubrense et Sorrento (1558) et l’invasion turque à Vietri (1587). Ce furent parmi les incursions les plus cruentées ayant eu lieu dans la Péninsule de Sorrento et la Côtière Amalfitaine.

Ce fut pour cette raison que les forteresses côtières devinrent de plus en plus nécessaires. En effet, c’est dans la période du vice-royaume espagnol qu’on a construit la plupart des tours encore présentes aujourd’hui. En 1563 Don Parfan de Ribera, Duc d’Alcalà, promulgua un édit imposant la construction de tours côtières, gardées par des militaires, sur toutes les côtes du Règne de Naples.

Toutefois, ce grand projet ne fut jamais complété à cause du manque de fonds et pour le déclenchement de la Bataille de Lepanto, qui déroba de nombreuses galères à la flotte turque. Les tours perdirent au fur et à mesure leur importance stratégique et furent utilisées pour d’autres finalités.

Tours sarrasines
Tour de Crapolla – Photographie de Giovanni Gargiulo

Caractéristiques

Les tours remontant à l’époque angevine étaient à plan cylindrique, hautes, au briquetage pas trop épais et avaient une fonction principalement de garde. Elles signalaient l’arrivée des pirates par des feux ou des signaux de fumée: ainsi, on alertait la population d’aller chercher refuge dans les bois, dans les grottes ou les forteresses.

Les attaques devenant plus intenses, fut-il nécessaire de rendre les tours plus résistantes et massives. On a préféré un plan de forme carrée, avec un briquetage majeur sur le côté extérieur. Une première série de tours de guet fut lentement remplacée par des tours de défense, munies de canons et gardées par un corps de garde.

Le système de défense exigeait que chaque tour fût construite dans un endroit tel pour être visible de la tour la plus proche. Ainsi les signalisations de danger pouvaient être plus rapides et efficaces.

Le passage d’une forme à l’autre fut marqué par l’introduction de l’artillerie, qui rendit indispensable le changement de telles fortifications. L’artillerie ne se trouvait pas à l’intérieur de la tour car les gaz et les fumées émanés par les armes pouvaient la compromettre vu le manque de saturation. La tour à base carrée résultait plus fonctionnelle par rapport à celle cylindrique parce qu’elle permettait aussi de garder plus d’armes.

Tour Minerva – Photographie de Giovanni Gargiulo

Qu’est-ce qu’il en reste aujourd’hui?

Beaucoup de témoignages de ces anciennes structures défensives de la péninsule sorrentine ont survécu. Certaines d’entre elles ne sont que des vestiges à cause du manque de maintenance. D’autres, en revanche, ont été adaptées aux usages les plus variés après avoir reçu des interventions de récupération.

Tours sarrasines

Les tours principales

Neuf tours existent encore à Massa Lubrense: le long du côté napolitain de la côte de Massa Lubrense il y a les tours de Capo di Massa, Capo Corbo, San Lorenzo, Fossa di Papa et Minerva. Les autres – Montalto, Nerano, Recommone et Crapolla – se trouvent, en revanche, sur le côté de Salerno.

Massa Lubrense est pleine de structures défensives internes, bâties sur les collines: par exemple, les maisons-tours, dressées principalement par des particuliers. Mais aussi le “Torrione”: il s’agit d’une structure édifiée pour défendre l’ex collège des Jésuites. La population a continué d’employer les tours même après les incursions sarrasines. Tour Turbolo, dans le bourg de l’Annunziata, par exemple, fut le siège du Preteur sur gage (“Monte dei Pegni”) au XVII siècle; la Tour Ghezi, auprès de Sant’Agata sui due Golfi, fut un abri pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Cartographie des tours sur la côte de Massa Lubrense